Les maternelles à La Prairie

L’école est le lieu de socialisation de l’enfant.

La maternelle à La Prairie, c’est le temps du jeu, de la découverte, de l’expérimentation, de l’éveil à la création, du plaisir de faire.

Les enfants ne sont pas évalués. Notre pédagogie, tout en respectant le rythme de l’enfant, a pour objectif la construction d’attitudes autonomes. La vie en classe amène à la socialisation nécessaire à l’intégration et à la communication dans le groupe classe. L’important, et ce dès les petites classes, est d’aider l’enfant à percevoir le lieu classe comme un endroit de repères, de sécurité, de vie, où chacun a sa place, son rôle, et où sa parole peut être entendue.

Les classes de Petites Sections à La Prairie

Quand tu seras grand, tu iras à l’école oui, mais n’oublions pas ! Ils sont encore tout petits ... certains n’ont pas encore 3 ans, ils arrivent parfois dans les bras de papa ou maman, parfois en poussette, de toute façon avec la main rassurante qu’il va falloir lâcher pour entrer dans cet univers inconnu. Univers qui fera partie de leur vie pendant une dizaine d’années... alors prenons le temps, laissons leur découvrir les richesses de ce lieu à leur rythme, selon leurs besoins.

Les objectifs de la petite section en ce début d’année :

- La construction « d’un milieu de vie classe", d’une vie de groupe. En effet, l’apprentissage de la vie sociale est une priorité chez les petits. Notre ambition est de créer un climat de confiance qui permette à chacun de trouver sa place dans un groupe dont il prendra conscience petit à petit.

- Développer l’autonomie : devenir de plus en plus autonome dans sa vie quotidienne, mais également dans ses relations, dans ses choix, dans ses réalisations.

- Une appropriation progressive par les enfants de l’espace classe et école (ainsi que de ses règles), du matériel et des outils proposés.

Une rentrée échelonnée : pourquoi?

Première journée : Les enfants sont accueillis avec leurs parents pour une première matinée dans la classe. Ils découvrent ainsi les lieux, l’enseignante et l’éducatrice de jeunes enfants. C’est une première rencontre où l’on prend le temps de choisir et d’installer son lit, de jouer dans la classe avec papa et maman, de se présenter et connaître les prénoms de chacun. Puis, l’enfant repart à la maison avant de revenir le lendemain ou quelques jours plus tard pour une vraie rentrée : là, il faudra dire au revoir à papa et maman et rester à l’école jusqu’à midi.

Mais les parents sont rassurés... ils ont regardé leur enfant évoluer dans ce nouveau lieu, ils ont pu discuter avec les adultes qui étaient là pour les accueillir eux aussi. Ils seront disponibles pour vivre sereinement « la rentrée à l’école de leur enfant ». Alors oui, cette rentrée que l’on veut douce pour tout le monde peut se mettre en place.

 

 

Tout au long du mois de septembre, les enfants seront accueillis par petits groupes de 5 à 6 enfants. La 1ère semaine, l’accueil se fait à mi-temps, sans repas les 2 premiers jours, avec repas les 2 jours suivants si les parents le souhaitent. Ils pourront ensuite être accueillis à plein temps.

Le groupe classe se constitue ainsi. L’enseignante et l’éducatrice peuvent se rendre disponibles pour consoler, rassurer, écouter, donner les habitudes, les repères qui leur permettront de s’approprier l’espace-classe et les espaces proches (salle de sieste, toilettes, jardin), de s’y sentir en sécurité : condition essentielle à leur autonomie.

Le premier groupe accueilli pourrait paraître privilégié : 2 adultes pour 5 ou 6 enfants, un luxe ! Mais ce serait compter sans la richesse des échanges entre enfants. Dès l’arrivée du 2ème groupe, les « privilégiés » initient les nouveaux au fonctionnement de la classe. C’est donc un relais qui se crée, entre enfants, sous l’œil bienveillant de l’enseignante et de l’éducatrice.

Donc une rentrée échelonnée pour :

  • un accueil individualisé
  • une mise en route progressive de la vie de la classe
  • donner des repères sécurisants dans l’espace et dans le déroulement de la journée
  • créer un univers joyeux, sympathique, dans un cadre rassurant, l’objectif étant avant tout de leur donner le goût de l’école, l’envie d’y revenir !

Un lieu d'apprentissages

Les démarches d’apprentissage : la démarche expérimentale

L’enfant est un être essentiellement actif qui pour grandir a besoin d’expérimenter, car c’est l’expérimentation personnelle qui le mène à la connaissance. L’une des bases du courant d’Education Nouvelle est de rendre l’apprenant acteur de ses apprentissages afin qu’il construise ses savoirs à travers des situations de recherche.

La classe des petits se doit d’offrir à l’enfant un nouveau champ d’expériences où ce besoin d’activités trouvera alors largement à se satisfaire, mais elle ne doit pas perdre de vue le rôle éducatif qui lui incombe. Plusieurs conditions sont nécessaires pour garantir ce caractère éducatif des activités. Il faut qu’elles répondent chez l’enfant aux intérêts du moment mais il faut également qu’elles se déroulent dans un milieu organisé (l’enfant devra trouver, à portée de main tout le matériel nécessaire qui lui permettra de choisir une activité ou de découvrir de nouvelles techniques dans la plus grande autonomie (collage, découpage...)).

Ces activités, afin d’être fructueuses, feront l’objet, dans la classe des petits, d’un libre choix de la part des enfants. Nous attachons beaucoup d’importance à ce libre choix des activités car il permet de répondre au besoin de l’enfant à un moment donné.

Dans ces diverses activités, l’adulte a un rôle et un regard particulier :

- il crée un milieu motivant et adapté à l’âge des enfants,

- il permet à l’enfant de jouer, tâtonner, expérimenter,

- il permet les erreurs, il aide à les analyser et à les dépasser (en aidant à formuler les difficultés et en essayant de fournir des éléments, des outils nouveaux),

- il aide et veille à ce qu’une activité entreprise soit menée à son terme

L’objectif de cette démarche étant d’aider l’enfant à acquérir une capacité de réflexion et non des automatismes.

L’apprentissage de l’autonomie

Dans la classe des petits on prend le temps d’apprendre à faire seul : à s’habiller et à se déshabiller seul, se déchausser, enlever son manteau, l’accrocher convenablement, le remettre seul, ranger ses affaires (carnets, doudous, tétines...) mais on apprend aussi à s’entraider : aider un copain à mettre son tablier de peinture...

Mais on ne progresse pas sur le chemin de l’indépendance seulement en apprenant à s’habiller seul, mais aussi en sachant se servir seul. Nous veillons à ce que ce dont ils auront besoin se trouve à leur disposition à un endroit bien précis et connu d’eux (les papiers à dessins, les tapis de pâte à sel, la balayette, le « seau à bêtise » et son éponge (au cas où le crayon-feutre aurait quitté la feuille pour se promener sur la table ou la chaise), les jeux...

Un outil vers l’autonomie : la symbolisation. Dans les premiers jours de la rentrée, l’enfant choisit un symbole qui se trouvera sur toutes ses affaires (porte-manteau, casier à dessin...) et qui l’aidera à se repérer dans la classe. Au fur et à mesure de l’année, de nouveaux symboles seront choisis par les enfants et permettront de représenter un « métier », un atelier... Le travail sur la symbolisation est mené tout au long de la maternelle et permet :

- une plus grande autonomie de l’enfant (retrouver ses affaires, choisir un atelier, savoir dans quel atelier un copain s’est inscrit…),

- un langage unique à la classe car au fur et à mesure du temps et des besoins, les enfants vont rechercher un symbole afin de représenter, “écrire”, un atelier, un métier...

- un premier pas vers l’abstraction

- une première entrée dans la lecture

Les moments de regroupements

Prise de conscience du groupe classe

Dès la Petite Section, les moments de regroupements sur le tapis permettent une prise de conscience du groupe classe grâce aux comptines, jeux de doigts, chants, histoires…

Lieu de parole

Petit à petit, ce moment va devenir un temps de parole : les enfants peuvent raconter ce qui s'est passé, le week-end avec papi et mami, dans le jardin durant la récréation, dans la matinée dans la classe… Ou encore montrer aux copains les nouvelles chaussures.

Lieu d'élaboration des règles de vie

Puis viendra le moment où l'on fera le bilan de la journée et où l'on instaurera avec l'aide de l'adulte les règles de la classe.

Exemple :

  • "X m'a bousculé dans le couloir, ça m'a fait mal"
  • "Que peut-on faire pour éviter les bousculades?"
  •  "Ne pas doubler"

Les règles se construisent avec les enfants tout au long de l'année (même si les adultes en posent quelques unes, dont : "A l'intérieur je me déplace en marchant", "Dans la classe je parle doucement"…)

Tout au long de leur scolarité, les enfants seront amenés à raconter, analyser des situations pour apporter des solutions à celles qui posent problème et installer les règles de vie qui vont permettre une vie en collectivité sereine, avec des règles qu'ils auront élaborées ensemble.

Et la sieste ?

La sieste est un temps très important dans la journée du jeune enfant que ce soit dans le cadre familial ou à l'école. Il nous paraît essentiel que chaque enfant dispose d'une quantité et d'une qualité de sommeil adéquates, dans un cadre matériel et psychologique sécurisant.C’est pourquoi nous avons souhaité personnaliser le lit de chacun avec son couchage de la maison, son doudou, liens matériels qui favorisent la sécurité affective pour cette nouvelle « séparation ».

Les moyens mis en place :

- une salle de sieste par classe

- un adulte présent par salle

- un lit personnalisé

Déroulement de la sieste

Après le repas, les enfants sont accompagnés par l'enseignante et l'éducatrice/aide-éducatrice jusqu'à ce que chacun s'installe dans son lit. Puis l'enseignante quitte la salle de sieste tandis que l'éducatrice/aide-éducatrice installe les rituels (histoires, musiques,…) qui permettront l'endormissement, ou au moins le repos.

Le réveil s'effectue naturellement de façon échelonnée. Les enfants rejoignent la salle de classe où les attend l'enseignante.

Gestion-durée de la sieste

Tous les enfants de petite section vont à la sieste, dorment ou se reposent, ainsi que ceux de moyenne section en début d’année scolaire. Pour ces derniers, ce temps de sieste ou de repos prend fin quand l’aide-éducatrice constate que l’enfant n’en tire plus bénéfice. Cette décision est prise en collaboration avec l’enseignante et les parents. Il peut y avoir une période d’essai pour décider au mieux.

Les enfants de moyenne section quittant l’école à 12H et revenant à 13H30 ne pourront intégrer la salle de sieste pour ne pas perturber le groupe des dormeurs. La sieste étant obligatoire en petite section, les enfants à mi-temps ne peuvent venir en classe que le matin.

À petits pas vers la lecture

Pour écrire, il faut coder un message verbal, pour lire, il faut décoder un message écrit.

Dès les premiers jours d’école, chaque enfant choisit son symbole (en petite section un dessin figuratif et dès la moyenne section un dessin plus abstrait, facile à reproduire). Très vite dans la classe, une affiche est confectionnée avec la photo, le prénom et le symbole de chaque enfant. Chacun pourra ainsi s’y référer et connaître le symbole de tous les enfants de la classe. Le symbole permettra d’identifier les affaires personnelles : timbale, porte-manteau, caisse de sieste et dessins ou réalisations. Le panneau des présences (avec photo, prénom, symbole) et le panneau des responsabilités permettent de prendre conscience du groupe et des contraintes de la vie en collectivité. On ne peut pas tous distribuer le goûter, ou sonner la cloche pour dire aux copains de rentrer. Le panneau des responsabilités permet un tour de rôle. Ces panneaux ne sont pas installés dès la rentrée. C’est la vie de la classe au quotidien qui va donner du sens à son installation et à son utilisation.

Ex: Chaque jour S. veut aller chercher la cloche pour faire rentrer les enfants. J’ai beau lui expliquer que les autres aiment beaucoup sonner comme lui, il redemande systématiquement s’il peut le faire aujourd’hui. S. n’est pas le seul à faire cette demande. Je prépare donc un panneau avec les prénoms et symboles de tous les enfants et nous décidons de coller une gommette à côté du symbole de l’enfant qui sera le responsable de la journée. L’utilisation du panneau au quotidien n’empêche pas certains de vouloir sonner la cloche, distribuer les cartables... quand bon leur semble, mais le panneau permet de vérifier ensemble si c’est à lui de le faire, et aux autres de protester : « Tu as déjà une gommette, tu l’as déjà fait, ce n’est pas toi qui dois le faire aujourd’hui ! ».

La mise en place de ces panneaux permet une grande autonomie par rapport à l’adulte. Ce n’est pas l’adulte qui décide qui fait quoi, chacun peut se référer au panneau, c’est « écrit ».

La symbolisation, code interne à la classe, connu de tous, permet à chacun de lire et vérifier si le copain, l’adulte, a raison. Il peut également, parce qu’il aura lu le panneau, prévenir celui ou celle qui est responsable.

Petit à petit, tout au long de l’année, de leur vie en maternelle, le symbole va permettre des lectures de codage de plus en plus complexes. La mise en place des ateliers, les règles de la classe, mais aussi celles de la cour, vont augmenter la partie commune de ce code.

Tout comme pour notre langue écrite, le système symbolique est arbitraire. Il faut le connaître, en accepter et en utiliser les règles et les usages pour pouvoir communiquer avec tous. Le code de la classe, de la cour, est donc une première approche du système symbolique de la langue écrite.

Le libre choix des activités

« L’école nouvelle veut faire de l’école une vie, de l’enfant un être discipliné dans la liberté, de la classe une vraie communauté enfantine »

L’aménagement de la classe enfantine semble bien illustrer cet objectif.

En TPS-PS, les coins aménagés de la classe sont en libre accés presque en permanence. Tout est organisé afin que l’enfant ait le choix de son activité. Il a la possibilité de peindre, découper, faire un jeu, jouer au sable, à la pâte à modeler, à la dinette...Au fur et à mesure, ces coins s’enrichissent de nouveaux outils, les jeux et les livres sont renouvelés... L’enfant s’approprie peu à peu ce nouvel espace et apprend à le gérer. En toute liberté d’action où il est amené à se plier à quelques règles élémentaires : parler à voix basse, ne pas gêner ses camarades, remettre en ordre ce qu’il a utilisé etc...

On sait que très tôt, vers trois ans, l’enfant fait son entrée consciente dans la vie sociale. Entrée difficile, justement appelée crise des trois ans, premier apprentissage de cette intégration dans la société, qui suppose avant tout de libres contacts avec d’autres enfants. L’installation matérielle de la classe permet aux enfants tant d’occasions d’entraide et d’échange !

« La coopération entre enfants est pour le développement intellectuel et moral un facteur irremplaçable » (J.Piaget).

La classe ainsi organisée offre aussi maints possibilités de faire des tris, de tâtonner, d’expérimenter...Transvaser de l’eau ou du sable ce n’est pas seulement acquérir de l’équilibre, de l’habileté mais c’est aussi observer, comparer, réfléchir, inventer. Dans chaque activité adaptée à l’enfant, c’est tout l’enfant qui grandit et progresse.

Pour développer ses aptitudes, il n’est qu’un secret : « Faire agir l’enfant, mobiliser son activité ».

Texte de référence : « Les principes de l’éducation nouvelle » F. Chatelain